Quand l’ia parle à la place du manque – Partie 2

Ce que la psychanalyse ne peut pas déléguer

Ici le texte articule cette réflexion à l’analyse du cyberpunk développée par Maha Mhalla.

Le cyberpunk n’est pas un futur dystopique mais un présent : un monde où la technologie devient infrastructure de sens, où l’incertitude est réduite, le hasard éliminé et le réel pré-écrit.

 

L’IA y incarne un pouvoir sans visage mais parlant, produisant diagnostics et réponses pleines, sans raté ni division subjective, au risque que le sujet s’y identifie comme à un Autre supposé savoir absolu.

 

Or, pour la psychanalyse, le réel résiste, surgit et fait trou.

Là où l’IA vise la continuité et la maîtrise, l’analyse soutient la coupure, le non-savoir et la temporalité du dire.

 

D’un point de vue éthique, la psychanalyse ne vise pas la réponse mais la question.

La psychanalyse repose sur le principe de ne pas parler à la place du sujet et de refuser l’illusion d’un Autre sans faille.

 

Toute tentative de rivaliser avec l’IA sur le terrain de l’efficacité ou de l’optimisation trahit cette éthique.

 

L’analyste n’est ni expert, ni correcteur, mais garant d’un cadre qui résiste à l’accélération, à la transparence et à la normalisation.

 

Là où l’IA a répondu et soulagé, elle n’a pas touché la question.

Le travail analytique commence précisément au point où le sens ne se ferme pas.

 

En conclusion, l’IA ne détruit pas la psychanalyse ;

elle révèle ce que le sujet contemporain cherche à éviter :

  • le manque,
  • la frustration,
  • le temps,
  • la perte de contrôle
  • et l’altérité réelle.

 

Par contraste, elle rend plus visible l’irréductibilité et l’éthique de la psychanalyse, fidèle à l’héritage de Sigmund Freud : la parole humaine n’est pas information, mais transformation dans le lien, parce qu’elle engage un autre humain, affecté et manquant.

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